Parler de « bonnes » et « mauvaises » émotions installe une hiérarchie qui est rarement utile. La colère, la peur, la tristesse ne sont pas des dysfonctionnements : ce sont des signaux. Les juger comme « mauvais » revient souvent à vouloir les faire taire plutôt qu’à les écouter. Or, une émotion étouffée ne disparaît pas — elle se manifeste autrement (tensions, somatisation, explosion différée).
Le terme « manager » est lui-même révélateur : il suppose un rapport de contrôle, une rationalité qui dirige et des émotions qui obéissent. C’est une métaphore largement héritée d’un certain idéal de maîtrise de soi, mais elle est trompeuse.
L’image des enfants qui tirent la manche : L’émotion insiste parce qu’elle a quelque chose à dire. La question n’est pas « comment la faire taire ? » mais « qu’essaie-t-elle de me signaler ? ».
Reconnaître l’émotion ne signifie pas la laisser tout gouverner. Il y a une différence entre :
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réprimer (nier, étouffer, juger l’émotion comme illégitime)
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être submergé (l’émotion agit seule, sans recul)
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accueillir et réguler (reconnaître le signal, puis choisir une réponse)
C’est cette troisième voie qui est souvent la plus féconde — et elle n’est ni du « management » ni de la passivité, mais une forme de régulation ou d’ajustement.
On peut apprendre à :
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identifier ce qu’on ressent,
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comprendre ce qui le déclenche,
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choisir comment y répondre plutôt que réagir impulsivement.
Il s’agit moins de « gérer » que de composer avec. L’objectif n’est pas d’être un bon manager, mais d’être en relation avec ses émotions — les entendre sans qu’elles prennent toute la place, agir avec elles plutôt que contre elles.
Est-ce que cette idée de « gestion » vous pèse, ou est-ce qu’elle vous semble au contraire rassurante ? Et quand vous dites « s’il y a longtemps que vous n’avez pas géré d’émotions » — est-ce que c’est votre cas en ce moment, ou est-ce une façon d’ouvrir la discussion ?